« Chacun chez soi, mais pas chacun pour soi ». Cet appel lancé par le Secours catholique en France, c’est l’une des surprises de ce confinement en Europe : confrontés à une situation exceptionnelle, les citoyens font preuve d’un élan de solidarité inédit.

Aider un voisin à faire ses courses, fabriquer des masques de protection, proposer du soutien scolaire via Internet, dans les associations les propositions d’aide se multiplient, notamment chez les jeunes. Et en France, en un mois, le secours populaire a vu bondir le nombre de ses bénévoles. En Espagne aussi, deuxième pays le plus durement touché par le Covid-19 en Europe, la solidarité s’est rapidement organisée. Chaque vie compte, c’est le slogan de l’ONG catalane Open Arms. L’organisation est connue pour sauver la vie de migrants au large de la Méditerranée depuis 2015, mais depuis le début de l’épidémie, c’est sur la terre ferme et auprès des personnes âgées que l’ONG intervient pour tenter de ralentir le drame en cours dans les maisons de retraite. Élise Gazengel.L’ONG qui participe aussi à la coordination d’un essai thérapeutique en Espagne.

Éviter l’isolementConfinement, distanciation sociale, télétravail, cette pandémie nous pousse aussi à repenser nos liens en société ! Comment aider quand on n'a plus le droit de se rencontrer ? Comment rompre l’isolement ? En France, de nombreuses plateformes d’écoute ont vu le jour avec des psychologues ou quelquefois de simples bénévoles prêts à tendre l’oreille aux angoisses des confinés. Sos Amitiés, c’est l’une d’entre elles. Ses appels ont bondi de 10% courant avril 2020, Lise Verbeke.

Confinement et vivre à la rue « Restez chez vous », voilà une consigne qui perd tout son sens quand on vit dans la rue. Dans toute l’Europe, du jour au lendemain, les sans- abris se sont retrouvés privés de tout un réseau d’aide. Des centres de jour où des cuisines populaires ont été fermées pour éviter tout regroupement. En Allemagne, des associations commencent à trouver des alternatives comme ces grilles de jardin et de parc, où les Berlinois suspendent désormais des dons de toutes sortes. C’est le reportage de Deborah Berlioz.

Solidarité avec les médecins diplômés à l’étrangerIls sont entre 4 000 et 5 000 en France et sans eux les services de réanimation et d’urgence tourneraient au ralenti, voire pas du tout. Et pourtant, ces médecins en première ligne ces dernières semaines sont moins bien payés que leurs confrères, car diplômés en dehors de l’Union européenne. Ils sont des médecins précaires. Leurs collègues français qui se mobilisent depuis des années comptent bien profiter de cette crise du coronavirus pour qu’ils soient enfin et pleinement reconnus par l’État. Le reportage de Frédérique Lebel.