Nouveaux contrôles sur les citoyens, tribunaux fermés, désengorgement des prisons, la justice aussi a été touchée par l’épidémie.

En Italie, la crainte du virus a même entraîné un véritable fiasco politico-judiciaire. Pour éviter la propagation de la maladie et les menaces qu’elle fait peser sur les prisonniers, plusieurs chefs de la mafia, et non des moindres, ont été libérés ; l’opposition n’a pas tardé à dénoncer un scandale et à réclamer la démission du ministre de la Justice. Retour sur un incroyable feuilleton avec Éric Senanque à Rome. 

Au Portugal, on a aussi évité que les prisons ne deviennent des foyers de propagation de la maladie. 2 200 prisonniers ont donc été libérés avant la fin de leur peine. Mais pour certains, cette sortie n’avait pas été préparée. Sans logement, sans proche pour les accueillir, ils ont élu domicile dans le camping du Parc Monsanto au nord de Lisbonne. Une solution là encore provisoire, Marie-Line Darcy.

Et Covid ou pas, le parti ultraconservateur PIS au pouvoir en Pologne a continué systématiquement la mise au pas de la justice du pays. Après le tribunal constitutionnel, le bureau du procureur, la présidence de dizaines de tribunaux et le Conseil national de la magistrature, désormais très proches du gouvernement. Malgré les sanctions et les avertissements de la Cour de justice européenne. C’est désormais la Cour suprême qui tombe dans le giron du parti PIS ; tout un symbole pour ce dernier bastion de la justice indépendante. Sa nouvelle première présidente vient d’être nommée le lundi 25 mai 2020, Thomas Giraudeau.

Et pendant les mois de confinement, certains États ont eu la main lourde avec les contrevenants. C’est le cas des citoyens qui sortaient de chez eux sans autorisation qui ont écopé de très lourdes amendes entre 420 et 4 200 euros. Absurde dans un pays où le revenu mensuel moyen est de 450 euros. La Cour constitutionnelle vient donc de dire que ces amendes ne respectaient pas la Constitution, mais ce n'est pas la fin de l’affaire ! À Bucarest, Benjamin Ribout.

Et les questions de distanciation sociale ont largement perturbé deux procès phares qui avaient débuté aux Pays-Bas. Tout d’abord celui des victimes du vol MH17 de la Malaysian Airlines, probablement abattu par des séparatistes russes au-dessus de l’Ukraine. Mais aussi le procès le plus médiatisé de ces dernières années, celui d’un gang de la cocaïne accusé non seulement de trafic de drogue, mais aussi de l’assassinat de l’avocat Derk Wiersum. Il a fallu s’adapter. Aux Pays-Bas, Antoine Mouteau.