Alors que depuis le vendredi 28 février 2020, des milliers de migrants affluent vers la frontière grecque, encouragés par le président turc Recep Tayyip Erdogan qui a annoncé l'ouverture de ses frontières avec l'Europe, et même affrété des bus, la tension grimpe entre l’Europe et la Turquie.

Ankara veut ainsi mettre la pression sur l'Union européenne pour obtenir son soutien dans le conflit en Syrie, où plus de 50 soldats turcs ont été tués, le mois dernier (février 2020).C'est donc un marchandage politique qui se joue à la frontière grecque. Premières victimes : les migrants. Depuis le dimanche 1er mars 2020, au moins 15 000 personnes selon l'Onu, sont bloqués à quelques centaines de mètres de la Grèce, à la recherche d'un point de passage vers l'Europe. Notre correspondante Anne Andlauer s'est rendue au poste frontière de Pazarkule, côté turc.

Côté grec, le gouvernement conservateur est bien décidé à ne pas laisser passer cet afflux de migrants et de réfugiés. Des hommes grenouilles, mais aussi des forces de l'armée et de la police ont été déployés pour ratisser le fleuve et la frontière terrestre de 212 km qui séparent la Grèce de la Turquie. Ces deux derniers jours, 1 200 personnes ont réussi à atteindre les îles grecques, mais elles sont particulièrement mal accueillies par des habitants excédés, comme nous l’explique Joël Bronner à Lesbos.

Pendant ce temps, un peu plus au nord, il y a des milliers d'autres réfugiés bloqués en Bosnie ou en Serbie. Bloqués depuis qu'en 2016, l'Union européenne a verrouillé la «route des Balkans», cette voie d'accès vers l'Europe via la Hongrie ou la Slovénie. Résultat en Serbie, beaucoup de jeunes adultes cherchent à s'intégrer et décident d'apprendre le serbe. Notre correspondant Louis Seiller s'est rendu dans l'une des rares ONG qui aident ces réfugiés à Belgrade.

En France, l'Académie nationale de Médecine tire la sonnette d'alarme ! Pour cette institution prestigieuse, la santé des migrants et devenue un problème majeur de santé publique française. Dans un rapport, l'institution demande donc aux pouvoirs publics de mieux faire et leur adresse huit recommandations. Juliette Rengeval.

C'est un effet secondaire de l'épidémie du coronavirus en Europe :  la rupture de stock de gel antibactérien ! En Italie, depuis le début de l'épidémie dans le nord du pays, ces flacons de désinfectants sont devenus une véritable obsession nationale. Amuchina, c’est le nom de ce liquide très convoité, et c'est notre mot de la semaine. Notre correspondante à Milan Franceline Beretti nous explique tout.

(Rediffusion du 3 mars 2020)