La Grèce était encore un pays à genoux il y a cinq ans, mais elle semble renaître de ses cendres. Avec un taux de croissance de 2%, son économie peut faire des envieux au sein de la zone euro.

Et le pays emprunte désormais à dix ans sur les marchés, à des taux comparables à ceux de l’Italie.Mais cela n’a pas été sans mal et sans sacrifices. Petit point sur les trois plans d’aides européens, accordés notamment par le Mécanisme Européen de Stabilité, un nouvel organisme créé en 2012 pour soutenir les pays de la zone euro emportés par la spirale de la dette.xplications depuis Bruxelles de Laxmi Lota.

Autant dire que ces aides ont eu un prix. L’austérité a été imposée par ceux qu’on appelle la troika, à savoir la commission européenne, la BCE et le FMI. Les Grecs n’ont pas pardonné au dirigeant du parti d’extrême gauche Syriza, Alexis Tsipras, d’avoir continué cette politique drastique de réduction des dépenses publiques.L’été dernier, les électeurs ont donc choisi de mettre à la tête du gouvernement le parti de droite « Nouvelle Démocratie » et son leader Kyriakos Mitsotakis. Un virage à droite qui s’accompagne d’un désenchantement certain. À Athènes, reportage de Joël Bronner.

La Grèce est aussi toujours en première ligne dans la gestion des migrants qui arrivent sur le sol européen, Ils étaient 45 000 cette année à arriver dans le pays. Soit près de 20 fois moins qu’en 2015 et ce en vertu d’un accord passé avec la Turquie, qui doit empêcher les départs depuis ses côtes. Mais aussi parce qu’un accord européen a créé des centres de tri, des hot spots sur les îles grecques. Ceux qui peuvent prétendre au statut de réfugiés peuvent rester, les autres doivent repartir. Mais ces camps débordent et doivent être remplacés par de plus grandes structures.Eve Minault vient nous présenter un documentaire « En face », réalisé par un collectif de cinéastes franco-grecs, Cinemakhia . Il donne la parole à une poignée d’habitants de Kleio, un petit village au nord de l’île de Lesbos. Comment ont-ils vécu l’arrivée des migrants ?

Et Alexis Tsipras dans tout ça? L’ancien premier ministre avait soulevé une vague d’espoir dans le pays lorsqu’il était arrivé au pouvoir il y a cinq ans. Paradoxalement le leader de la gauche radicale aura été le meilleur élève de Bruxelles, appliquant une à une les réformes souhaitées par l’Europe. Le journaliste Fabien Perrier vient de publier une biographie Alexis Tsipras , une histoire grecque (François Bourin Éditions). Lea-Lisa Westerhoff lui a demandé comment avait été perçue cette promesse de changement en 2015.

Et on terminera notre émission au Kosovo, ce petit pays des Balkans coincé entre la Serbie et la Macédoine du Nord, qui n’est toujours pas reconnu par cinq membres de l’Union Européenne.Les jeunes Kosovars ont toujours l’obligation de faire une demande de visa pour se rendre en Europe. Autant d’obstacles qui pèsent lourdement sur cette jeunesse en quête de mobilité. Reportage à Pristina de Louis Seiller.

(Rediffusion du 10 février 2020)