Presque 300 ans après le siècle des Lumières et la théorie de Montesquieu sur la séparation des pouvoirs, on revient sur l’indépendance de la justice. Apparemment, une affaire qui en Europe, en 2020, n’est toujours pas réglée.

En Pologne justement, les juges sont désormais sous l’œil du pouvoir. Une nouvelle loi permet désormais de les sanctionner, voire même de les suspendre s’ils critiquent le gouvernement. Une loi qualifiée de muselière et qui inquiète l’Europe. La Cour de justice de l’Union européene a d’ailleurs donné une date limite, aujourd’hui, pour que la Pologne donne des explications, avant d’éventuelles sanctions. Reportage auprès des magistrats polonais, inquiets pour leur indépendance, signé Thomas Giraudeau.

Et en Slovaquie, c’est un procès extraordinaire qui se déroule en ce moment avec la comparution de plusieurs suspects dans l’affaire du meurtre, en février 2018, du journaliste Jan Kuciak et de sa compagne. Le jeune enquêteur avait dévoilé les réseaux mafieux infiltrés au plus haut sommet de l’État. Il l’a payé de sa vie. Le commanditaire présumé de ce double assassinat est un homme d’affaires à la réputation sulfureuse. Ses liens avec des juges corrompus sont également mis en lumière lors de ce procès. Les explications d’Alexis Rosenzweig.

Et la Serbie qui est toujours candidate pour rentrer dans l’Union européenne, devra faire beaucoup de progrès, surtout dans la réforme de son système judiciaire. C'est d'ailleurs l'un des points les plus problématiques des négociations d'adhésion que mène Belgrade. Les magistrats eux-mêmes n’ont pas confiance dans une institution encore aux ordres... Simon Rico.

Prisons françaises : les mauvaises conditions de détentionLa France condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour les mauvaises conditions de détention dans ses prisons. C’était le 30 janvier 2020. Daniel Vigneron, notre confrère du site Myeurop.info, vient à la rescousse pour nous expliquer une telle aberration.

Et on terminera cette émission sur un drôle de portrait. Celui d’un charbonnier à Berlin. Après être sortie du nucléaire, l’Allemagne s’est récemment fixé pour objectif de débrancher de manière définitive ses quelque 148 centrales à charbon, d’ici 2038. Un délai qui peut paraître bien trop long à l’aune du changement climatique, mais qui s’explique par un chiffre : près de 40 % de l’électricité est produite grâce au charbon. Si bien qu’à Berlin, on compte encore une petite dizaine d’entreprises qui livrent du charbon aux particuliers. Les vieux appartements se chauffent au charbon. Depuis Berlin, Julien Mechaussie.

(Rediffusion du 13 février 2020)