L’économiste français Thomas Piketty publie, quelques années, après son best-seller Le capital au XXIème siècle, un nouvel ouvrage Capitalisme et idéologie : une histoire mondiale des inégalités et des théories économiques et politiques destinées à les justifier.

Et, en effet, les chiffres montrent que les écarts entre les Européens les plus riches et les plus pauvres se creusent. Depuis 1980, les 1% les plus riches en Europe ont vu leurs revenus croître deux fois plus que celui des 50% les plus pauvres. Seul lot de consolation pour les Européens, la situation n’est pas aussi dramatique qu’aux États-Unis, où il y a beaucoup moins de transferts sociaux et de services publics comme l’éducation ou les hôpitaux. La chronique d’Eve Minault.

Patrimoine ouvrierSymbole d’une Europe qui se désindustrialise, on parle aujourd’hui de patrimoine ouvrier. Témoin d’une France qui produit sur son sol trois fois moins de voitures qu’il y a trente ans : l’île Seguin. Tout un symbole, c’est là que s’étaient installées en 1919 les fameuses usines Renault. Imaginez des dizaines de milliers d’ouvriers et d’ingénieurs, sur la Seine aux portes de Paris, à Boulogne-Billancourt. Aujourd’hui, la plupart des bâtiments industriels ont été abandonnés puis rasés… et les projets ne manquent pas. Visite avec Juliette Rengeval.

Et en Pologne, à Varsovie, c’est une ancienne fabrique de vodka qui a été entièrement reconvertie en campus Google, galerie commerciale, bureaux, hôtels… et un musée de la vodka polonaise. À Varsovie, Thomas Giraudeau.

À Berlin, le patrimoine ouvrier est encore bien vivantSous la forme de jardins potagers, ces jardins ouvriers que l’on cultive au cœur même de la capitale allemande depuis 150 ans. Des oasis de verdure qui occupent encore 3% de la surface totale de la ville. Mais pour combien de temps encore ? Car la population est en pleine croissance et la pression immobilière intense. Mais, les jardiniers des villes s’organisent pour défendre leur petit lopin de terre. Reportage signé Julien Méchaussie.

Une mine de la vallée du Jiu, à l’ouest de la Roumanie, reconnue patrimoine industriel national. Ce n’est que justice tant les gueules noires ont été depuis un siècle le fer de lance de la contestation sociale et politique dans le pays. Quand les mineurs marchaient sur Bucarest, le pouvoir tremblait. Aujourd’hui, l’ancienne mine de Petrila a cessé ses activités, mais un artiste a tout fait pour conserver la mémoire des lieux. À Bucarest, Benjamin Ribout.

(Rediffusion du 11 septembre 2019)