Et si l’État, pour mieux nous servir et nous protéger, collectait nos données personnelles dans ce qu’on appelle des algorithmes prédictifs, ces technologies où toutes les informations sont là pour prévoir les comportements à risque.

Des logiciels pour pister les futurs délinquantsNous ne sommes pas dans une fiction digne de Minority report, mais bien dans notre réalité. À Durham dans le nord-est de l’Angleterre, un quart des 170 000 habitants ont une note de 1 à 100 selon leur degré d’incivilité.Un logiciel intitulé HART vient même en aide aux commissariat et aux tribunaux pour prédire le risque de récidive des prisonniers. Il a été testé trois ans entre 2016 et 2019. Reportage de Marie Billon.

Entre la liberté des individus et la sécurité des États, tout est une question de protection et d’équilibre. Les algorithmes permettent de contrôler voir de prédire les faits et gestes des humains, mais la surveillance et la maîrise des données qui circulent sur Internet permettent également de déstabiliser un État.Ce sont les fameuses menaces hybrides. Lors de la présidentielle en France, le compte du parti La République en Marche avait été piraté et ses mails rendus publics. Le sabotage, piloté par la Russie, était une attaque hybride.Depuis deux ans, un centre d’expertise européen a été créé pour sensibiliser les pays et les aider à lutter contre ce nouveau type de menaces. Son siège se trouve en Finlande et 24 pays de l’UE en sont membres. Fin octobre 2019, ce centre organisait pour la première fois une conférence sur ce nouveau type d’attaques. Reportage de Lea-Lisa Westerhoff.

L'amour est aussi sous algorithmesC’est d'ailleurs le titre du livre de la journaliste française Judith Duportail. Dans cette longue enquête, elle raconte son expérience sur l'application de rencontres Tinder. L'application aux 50 millions d'utilisateurs dans le monde regorge de secrets algorithmiques. Reportage de Alexis Bédu.

L’individu protégé en Europe par la RGPDDans cette lutte qui s’est engagée entre d’une part les particuliers soucieux de protéger leur vie privée, et les entreprises et les États qui voient bien l’immense richesse contenue dans ces big data, l’Europe a fait un choix, le premier. Et il a pour nom RGPD, où Règlement général pour la protection des données personnelles.En Irlande, où se trouvent les sièges européens des géants du numérique (Facebook, Twitter, Google), la commission de protection des données emploie 140 personnes. Elle a reçu 12 000 plaintes au cours des 18 derniers mois. Des citoyens qui réclament le droit à l’oubli, des informations sur l’usage de leurs données, et le droit à la rectification des informations erronées. Emeline Vin a rencontré à Dublin le commissaire adjoint de cette autorité, Graham Doyle.

Algorithmes et mixité socialeIl existe aussi un bon usage des algorithmes, mis au service d’une meilleure mixité sociale. Cela se passe en Suisse à Zurich. Depuis la rentrée, un logiciel aide à mieux répartir les élèves entre les différentes écoles pour obtenir un meilleur brassage, et donc une meilleure égalité des chances pour tous les élèves. Correspondance de Jérémie Lanche.

La culture attaquéeLe Musée impérial de la guerre à Londres organise une exposition qui montre comment la culture, à l’instar des Bouddhas de Bamyan en Afghanistan, est devenue une cible à part entière des conflits et non plus seulement un dommage collatéral. Reportage de Marie Billon.